Chronographe Louis Leroy n°16254

1. Présentation

Sur l’établi un magnifique chronographe avec rattrapante Louis Leroy, Horloger de la Marine à Paris. Il porte avec fierté le poinçon Tête de Vipère 1ère classe de l’Observatoire de Besançon (voir résultats ci-dessous).

Résultats Chronométriques Obtenus en 1928

2. Le Démontage

Il s’effectue sans incident majeur. Les réparations, visibles à l’oeil nu ou qui apparaissent en cours de démontage, sont répertoriées dans le paragraphe 3 ci-dessous.

Les Marques et Poinçons

125 pièces attendent le nettoyage par bain ultrasonique.

3. Les Réparations

Un certain nombre de malfaçons sont visibles à l’oeil nu, d’autres sont bien cachées sous le cadran.

  • Le cadran en émail est fêlé de partout. J’ai décidé de le débarrasser des pâtés de plastique qui avaient été appliqués pour masquer les fêlures et de le nettoyer. Le résultat est bien plus satisfaisant : les fêlures sont toujours là – il est impossible de les « enlever » – mais elles sont bien moins visibles qu’avec la pâte de réparation. Les fentes fines sont devenues quasi invisibles.
  • Quelques aiguilles sont rouillées et tordues.
  • Un ressort-lame a été réparé sans grande finition.
  • Sous le ressort on trouve les restes d’une vis cassée.
  • La roue intermédiaire des heures a reçu la greffe d’une dent, dont la soudure à l’étain est bien apparente.
  • L’entraineur de la Croix de Malte est usé et fragile. Après examen approfondi j’ai décidé de ne pas y toucher, car il n’y a pas grand risque de fracture. Seule une face est arrondie.

Les surprises apparaissent au moment du montage !

  • Tête de vis qui casse,
  • Axe d’aiguille tordu. Pourvu qu’il ne casse pas lors du redressement !

Autres réparations, apparues après remontage

  • En testant la fonction rattrapante je me suis aperçu qu’elle ne fonctionnait que de façon aléatoire. En cause le palpeur, ce qui a requis un nouveau démontage partiel.  Le ressort coinçait le palpeur en position haute et la roue ne rattrapait plus la roue de chronographe. J’ai d’abord pensé à un excès de jeu sur le palpeur, tenté de le compenser avec une rondelle de réglage de 2/100. En vain : c’est l’extrémité du ressort qui bloquait le palpeur en position haute. Les états de surface au point de contact étaient en cause (usure ?) : un peu de polissage fin et le souci n’est plus.

  • Le totalisateur des minutes était désynchronisé. Il a fallu le décaler d’une dizaine de dents d’avec la roue du chronographe.
  • Le poussoir de mise à l’heure coinçait dans son manchon. Il a fallu le ressortir – et déboiter le mouvement – pour le polir.

Beaucoup de travaux non planifiés et très chronophages. Mais quand seule la qualité du travail compte…

4. Le Nettoyage

Le mouvement n’est pas très sale et son nettoyage ne posera pas de difficultés majeures. Seules les vis bénéficieront d’un traitement spécial : le polissage des têtes.

5. Le Remontage

Le barillet, son ressort et la Croix de Malte sont la première étape d’un remontage / huilage qui s’annonce en principe sans difficulté.

Mais Murphy a plus d’un tour dans son sac ! En vérifiant et ajustant les ébats du train de rouages, une tête de vis s’est brisée et j’observe un axe de roue tordu. Ce qui oblige à re-démonter presque tout ! Pour les réparations, voir le paragraphe 3 ci-dessus.

Avant / après nettoyage.

Quelques du mouvement emboité, avec seulement deux aiguilles sur les six. Quatre aiguilles sont rouillées et doivent donc passer encore un peu de temps sur l’établi.

6. Photos Finales

Une jeunesse retrouvée et quelques rides de sagesse.

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