Chaudé Paris

Sur le banc de l’atelier, une montre de poche classique avec boitier en or 18kt. On y trouve les poinçons Tête de Cheval, Société Générale et le monogramme entrelacé ALS, probablement les prénom et nom de famille du propriétaire de la montre. De nombreuses marques de service se retrouvent dans le fond et le cache-poussières.

Le mouvement daterait de 1853 selon une indication gravée dans le fond du boitier. Il fonctionne avec de très mauvais indicateurs de marche : avance de 100 secondes par jour avec une erreur de repère de plus de 2 milli-secondes, quelle que soit la position de la montre. Il y aura un gros travail de réglage à effectuer.

Le boitier porte le numéro 13422. Il est signé
Chaudé
Horloger de la Marine de l’Etat
36 Palais Royal
PARIS

1. Le démontage

La sortie du mouvement se fait par l’avant du boitier. On notera, à côté du mouvement, la tige de remontoir et le petit poussoir de mise à l’heure.

Le verre du boitier est un simple Plexiglas ®

La suite du démontage du mouvement, qui signé par LeCoultre & Cie et qui porte le n° 2102. Cette référence est également gravée sur le cache-poussière du boitier.

Plus de 90 pièces en attente du bain.

2. Réparations

Une réparation imprévue en perspective : un des quatre rubis de balancier est cassé. Vu ici depuis le côté cadran, après dépose du contre-pivot.

Vue depuis le côté balancier. La fente est bien visible. Il faudra remplacer le rubis.

La suite de la réparation en images. Je m’inspire très exactement de la méthode que Hans Jendritzki décrit dans ses traités d’horlogerie : « Der moderne Uhrmacher » et « Werkstattwinke des Uhrmachers ». Dans le but de préserver l’état d’origine de la montre je renonce à un simple remplacement de rubis chassé pour tenter le remplacement par sertissure. Opération beaucoup plus compliquée et coûteuse en temps.

Malheureusement la pierre de contre-pivot était également fendue – ce qui ne s’est manifesté qu’au nettoyage – et il a fallu la remplacer.

3. Le nettoyage

Un premier bain aux ultrasons, suivi d’un lavage rotatif, deux rinçages et le séchage rendront aux pièces leur propreté indispensable à un bon fonctionnement.

Le ressort sera simplement essuyé à la main. Les ultrasons le détériorent. Le cadran a droit à un bain spécial pour prothèses dentaires.

Le polissage du boitier et du verre plastique complètent la séquence nettoyages. Je remplacerai le verre par un neuf.

4. Le remontage

Début du remontage, aussi loin que possible sans les rubis en commande. Au passage j’ai poli les oxydations sur le rochet du barillet et les fentes de certaines vis. Après une courte pause dans l’attente des rubis, puis des réparations (voir ci-dessus) le reste du mouvement est ré-assemblé et huilé.

5. Le réglage

Le repère – différence de temps entre le tic et le tac – était complètement décalé et il a fallu procéder à un ajustage coûteux en temps. Le réglage de l’avance / retard fut ensuite facile.

Résultat du réglage : des valeurs plus que satisfaisantes, dans presque toutes les positions. Le balancier manque un peu d’amplitude (l’idéal serait 220-240°) mais c’est probablement imputable au vieillissement du ressort d’origine. C’est sans impact notoire sur la bonne marche de la montre.

6. Photos finales

« Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus beau ? » 

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